Question de B.C. : Quel est votre sentiment sur le devenir du Centre médical des Pins et sur la capacité de la nouvelle municipalité à agir sur ce dossier ?
Réponse :
Ce dossier est important, car 160 femmes et hommes travaillent actuellement dans ce Centre médical dont la gestion est assurée depuis 1945 par la Fédération Nationale des Combattants Prisonniers de Guerre – Combattants d’Algérie, Tunisie , Maroc (FNCPG-CATM) présidée par M. Gougeat (par ailleurs PDG de la très puissante CARAC, mutuelle des anciens combattants) et dirigée par M. Dürr, son secrétaire général.
La Fédération gère également l’Institut Médico-éducatif Joseph Perrin et le Centre de rééducation professionnelle des Rhuets, tous deux à Vouzon. La Fédération, dont il faut souligner l’engagement depuis la fin de la Guerre, a contribué à entretenir les engagement sociaux historiques du Conseil de la Résistance qui a mis sur pied dans notre pays, rappelons le, un système de santé et de sécurité sociale que beaucoup de pays nous ont longtemps envié. Elle souhaite cependant se retirer de ses activités de soins et de santé. La transmission du Centre des Rhuets à l’ONAC (Office National des Anciens Combattants) semble se faire dans de bonnes conditions, il semble que ce soit plus difficile pour la reprise par l’APAJH (Association pour adultes et jeunes handicapés) de l’IME de Vouzon. Quant à la reprise du Centre médical des Pins il y a lieu d’être inquiet et de se mobiliser !
Rappelons que le Centre médical des Pins est un établissement privé à but non lucratif qui assure des soins de suite post-hospitaliers (et souvent post-opératoires) en cardiologie et pneumologie et qu’il a une longue histoire derrière lui (voir le travail du Groupe de Recherche Archéologique et Historique de Sologne). Ce centre est la propriété du Conseil Général du Loir et Cher, représenté à sa commission de surveillance par M. Martin-Lalande (en tant que Conseiller général).
Selon les informations que nous avons pu recueillir, dont certaines ont été rendues publiques par la presse, la FNCPG-CATM souhaite arrêter sa gestion de l’établissement qui enregistre des déficits qu’elle serait amenée à compenser selon P. Martin-Lalande (NR du 28/11/2006), alors que ses propres ressources diminuent. Or ces déficits qui se sont élevés à 650 K€ en 2005, 127 K€ en 2006 et 63 K€ attendus en 2007 n’ont jamais été compensés par la Fédération, mais par les Caisses d’Assurance Maladie ! Les charges de personnel représentent quant à elles un peu plus de 7 M€ par an.
La Fédération a approché deux repreneurs éventuels : l’UGECAM du Centre (Union pour la Gestion des Etablissements des Caisses d’Assurance Maladie de la région Centre), organisme paritaire à but non lucratif dépendant de la Caisse Régionale, et le groupe privé de nature capitalistique « Noble Age » (que le fonds d’investissement américain Blackstone surveille d’un œil gourmand…). Derrière tout cela, il semble qu’il y ait avant toute chose une affaire de gros sous !
En écartant la proposition faite par l’UGECAM, la FNCPG lorgnerait, en effet, sur une recette de 2,5 M€ que lui verserait le groupe « Noble Age », mais qui s’accompagnerait, par contre, d’une réduction sérieuse des effectifs de salariés avec notamment la fermeture de la partie cardiologie (au profit de la clinique privée de la Reine Blanche qui récupèrerait les lits, avec là aussi, peut-être, une autre transaction financière ?) et une remise en cause du service de pneumologie par rapport à sa forme actuelle. Enfin, les conditions salariales dont bénéficie le personnel seraient fort différentes car, contrairement à l’UGECAM, « Noble Age » ne reconnaît pas la convention collective actuelle. Cela pourrait se traduire par une fonte de 30% des revenus des salariés ! On comprend les inquiétudes du personnel qui se trouve aujourd’hui en sous-effectif sur certains services ce qui rend la gestion du Centre plus incertaine …
Il semble d’ailleurs que des partis pris de gestion accumulés ces dernières années puissent expliquer les déficits cumulés , la Fédération ayant par ailleurs cessé une bonne partie de ses investissements matériels sur ce centre depuis plusieurs années …
Alain Beignet



